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:De mme fut repousse l'existence d'une coque flottante, d'une norme pave, et toujours  cause de la rapidit du dplacement.
: Ou nous connaissons toutes les varits d'tres qui peuplent notre plante, ou nous ne les connaissons pas.
:Trois heures avant que l'Abraham-Lincoln ne quittt la _pier_ de Brooklyn, je reus une lettre libelle en ces termes :
: Conseil !  rptai-je, tout en commenant d'une main fbrile mes prparatifs de dpart.
:-- Oui, mon garon. Prpare-moi, prpare-toi. Nous partons dans deux heures.
:-- Lui-mme, rpondis-je. Le commandant Farragut ?
:-- Cependant, Ned, on cite des btiments que la dent du narwal a traverss de part en part.
:-- Non, monsieur le professeur, non. Tout ce que vous voudrez except cela. Un poulpe gigantesque, peut-tre ?...
:-- Oui... en effet... peut-tre, rpondit le Canadien, branl par ces chiffres, mais qui ne voulait pas se rendre.
:-- Mais s'ils n'existent pas, entt harponneur, comment expliquez-vous l'accident arriv au _Scotia_ ?
:-- Parce que... a n'est pas vrai !  rpondit le Canadien, en reproduisant sans le savoir une clbre rponse d'Arago.
: Allons, Conseil, lui dis-je, voil une dernire occasion d'empocher deux mille dollars.
:Mais Ned Land ne s'tait pas tromp, et tous, nous apermes l'objet qu'il indiquait de la main.
:-- S'il est d'humeur  vous entendre, matre Land, rpondis-je d'un ton peu convaincu.
:Je me hissai jusqu'aux barres d'artimon. Quelques officiers s'taient dj perchs  la tte des mts.
: La chose en question, par bbord derrire !  cria le harponneur.
:Tous les regards se dirigrent vers le point indiqu.
:-- Non, monsieur, rpondit Ned Land, car cette bte-l ne se laissera prendre que si elle le veut bien.
:Voil un ordre amricain s'il en fut. On n'et pas mieux fait sur le Mississippi pour distancer une  concurrence  !
:L'ingnieur obit. Le manomtre marqua dix atmosphres. Mais le ctac
: chauffa  lui aussi, sans doute, car, sans se gner, il fila ses dix-neuf milles et trois diximes.
:A midi, nous n'tions pas plus avancs qu' huit heures du matin.
: Ah a ! dit le vieux canonnier, rageant, ce gueux-l est donc blind avec des plaques de six pouces !
: Je poursuivrai l'animal jusqu' ce que ma frgate clate !
:Ce fut le dernier cri que je jetai. Ma bouche s'emplit d'eau. Je me dbattis, entran dans l'abme...
: Si monsieur veut avoir l'extrme obligeance de s'appuyer sur mon paule, monsieur nagera beaucoup plus  son aise. 
:-- Moi-mme, rpondit Conseil, et aux ordres de monsieur.
:-- Et ce choc t'a prcipit en mme temps que moi  la mer ?
:A mon tour, je rendis le mme service  Conseil, et nous continumes de
:-- En personne, monsieur, et qui court aprs sa prime ! rpondit le Canadien.
:-- Oui, monsieur le professeur, mais plus favoris que vous, j'ai pu prendre pied presque immdiatement sur un lot flottant.
:Cependant, Ned Land, furieux de ces faons de procder, donnait un libre cours  son indignation.
:-- Oui, rpondis-je, risquant l'antithse, mais la situation n'en est pas moins obscure.
:Ce qui tait parfaitement vrai, mais nous l'avions  peu prs oubli.
:Pendant ce temps, le stewart muet, sourd peut-tre avait dispos la table et plac trois couverts.
: Voil quelque chose de srieux, dit Conseil, et cela s'annonce bien.
:Il tait donc urgent de renouveler l'atmosphre de notre prison, et, sans doute aussi, L'atmosphre du bateau sous-marin.
:-- Fort bien, mon brave garon, rpondis-je. Et, vous, matre Ned Land ?
:-- Parfaitement, matre Land, c'tait sa respiration !
:-- Seulement, monsieur Aronnax, je n'ai aucune ide de l'heure qu'il est,  moins que ce ne soit l'heure du dner ?
:-- En tout cas, dit le harponneur, j'ai une faim de tous les diables, et dner ou djeuner, le repas n'arrive gure !
:-- Mais aprs avoir jet dehors geliers, porte-clefs et gardiens, ajouta Ned Land.
:-- Quoi, Ned ? vous songeriez srieusement  vous emparer de ce btiment ?
: Calmez-vous, matre Land, et vous, monsieur le professeur, veuillez m'couter ! 
:Un demi-sourire dtendit les lvres du commandant, puis, d'un ton plus calme :
:-- C'tait peut-tre le droit d'un sauvage, rpondis-je, ce n'tait pas celui d'un homme civilis.
:-- Parlez, monsieur, rpondis-je, je pense que cette condition est de celles qu'un honnte homme peut accepter ?
:-- Je ne vous demande pas de parole, matre Land rpondit froidement le commandant.
:-- Mes amis, dis-je,  une question ainsi pose, il n'y a rien  rpondre. Mais aucune parole ne nous lie au matre de ce bord.
: Une dernire question, dis-je, au moment o cet tre inexplicable semblait vouloir se retirer.
: Et maintenant, monsieur Aronnax, notre djeuner est prt. Permettez-moi de vous prcder.
:Et je gotais, plutt en curieux qu'en gourmet, tandis que le capitaine Nemo m'enchantait par ses invraisemblables rcits.
:-- Non, monsieur, et je dois ajouter qu'il est bien pauvre auprs du vtre. Vous possdez la six ou sept mille volumes...
:-- Monsieur, rpondis-je, sans chercher  savoir qui vous tes, m'est-il permis de reconnatre en vous un artiste ?
:-- Sans doute. Une excellente embarcation, lgre et insubmersible, qui sert  la promenade et  la pche.
:-- Mais alors, quand vous voulez vous embarquer, vous tes forc de revenir  la surface de la mer ?
:Mais une question, indiscrte peut-tre, se posait naturellement, et je ne pus me retenir de la lui faire.
:Nous n'avions rien en vue. Pas un cueil, pas un lot. Plus d'_Abraham-Lincoln_. L'immensit dserte.
:-- De quel mridien ? demandai-je vivement, esprant que la rponse du capitaine m'indiquerait peut-tre sa nationalit.
:Mes deux braves compagnons restrent ptrifis  la vue des merveilles entasses devant leurs yeux.
:-- S'il plat  monsieur, rpliqua Conseil, ce serait plutt  l'htel du Sommerard !
:-- Voil une distinction de gourmand, rpondit Conseil.
:-- Bons  dshonorer une chaudire ! s'cria le Canadien.
:-- Pas le moins du monde, ami Conseil, rpondit le harponneur. Mais allez toujours, car vous tes trs intressant.
:-- Non, rpondis-je, car l'aquarium n'est qu'une cage, et ces poissons-l sont libres comme l'oiseau dans l'air.
:-- Moi, rpondit Conseil, je n'en suis pas capable ! Cela regarde mon matre ! 
: forts de l'le Crespo. Il espre que rien n'empchera
:-- Et dans ses forts de l'le Crespo ! ajouta Conseil.
:-- Cela me parat clairement indiqu, dis-je en relisant la lettre.
: Si le capitaine Nemo va quelquefois  terre, leur dis-je, il choisit du moins des les absolument dsertes ! 
:Le capitaine Nemo tait l. Il m'attendait, se leva, salua, et me demanda s'il me convenait de l'accompagner.
:Nous arrivmes dans la salle  manger, o le djeuner se trouvait servi.
:Ned Land, en les voyant, manifesta une rpugnance vidente  s'en revtir.
: Mais, mon brave Ned, lui dis-je, les forts de l'le de Crespo ne sont que des forts sous-marines !
:-- En ce moment, monsieur le professeur, le Nautilus est chou par dix mtres d'eau, et nous n'avons plus qu' partir.
: C'est la fort de l'le Crespo , pensai-je, et je ne me trompais pas.
:Le compagnon du capitaine Nemo vint prendre la bte, la chargea sur son paule, et l'on se remit en route.
:Ni bonjour, ni bonsoir ! N'et-on pas dit que cet trange personnage continuait avec moi une conversation dj commence ?
:Cependant, le capitaine s'tait tu, et regardait cet lment si compltement, si incessamment tudi par lui. Puis reprenant :
:-- Oui, rpondit le Canadien, un btiment dsempar qui a coule a pic !
:Cependant le Nautilus, voluant, tourna autour du navire submerg, et, un instant, je pus lire sur son tableau d'arrire :
:-- Et je pourrai visiter ces les clbres o se brisrent la _Boussole_ et l'_Astrolabe_ ?
: Ainsi, me dit-il, on ne sait encore o est all prir ce troisime navire construit par les naufrags sur l'le de Vanikoro ?
:-- Voici ce que j'ai trouv sur le lieu mme de ce dernier naufrage ! 
:C'taient les instructions mme du ministre de la Marine au commandant La Prouse, annotes en marge de la main de Louis XVI !
: Monsieur, me dit ce brave garon, monsieur me permettra-t-il de lui souhaiter une bonne anne ?
:-- Pour mon compte, Conseil, ce n'est point l ce qui me tourmente, et je m'accommode trs bien du rgime du bord.
:-- Dtestable, en effet, rpondis-je, et qui ne convient gure  un btiment comme le Nautilus.
:-- Mais un incident, rpliquai-je, qui vous obligera peut-tre  redevenir un habitant de ces terres que vous fuyez ! 
: Eh bien, monsieur ? me dit Ned Land, qui vint  moi aprs le dpart du capitaine.
:-- Et ce capitaine ne va pas mouiller ses ancres au large, mettre sa machine sur ses chanes, et tout faire pour se dhaler ?
:-- Bon ! rpondis-je, voil les imprudences de matre Land qui vont recommencer !
:-- Je ne le crois pas, rpondis-je, mais il n'y voudra pas goter !
:-- H ! h ! fit Ned Land, avec un mouvement de mchoire trs significatif.
: Monsieur, me dit-il, que je meure si je ne gote pas un peu de cette pte de l'arbre  pain !
:-- Gotez, ami Ned, gotez  votre aise. Nous sommes ici pour faire des expriences, faisons-les.
:-- Ce n'est mme plus du pain, ajouta le Canadien. C'est une ptisserie dlicate. Vous n'en avez jamais mange, monsieur ?
:Lorsque notre rcolte fut termine, nous nous mmes en route pour complter ce dner  terrestre .
:-- Comme le temps passe sur ce sol ferme ! s'cria matre Ned Land avec un soupir de regret.
:-- Point, ami Ned, rpliqua Conseil, car je ne vois l que de simples perroquets.
:-- Mais non, mon garon. Tu as fait l un coup de matre. Prendre un de ces oiseaux vivants, et le prendre  la main !
:-- Si monsieur veut l'examiner de prs, il verra que je n'ai pas eu grand mrite.
:-- Et monsieur connat-il le procd des indignes ?
:Levs tous les trois, le fusil  l'paule, nous tions prts  rpondre  toute attaque.
:-- A peu prs, rpondit Conseil, ce sont des sauvages.
: Ah ! c'est vous, monsieur le professeur ? me dit-il. Eh bien ! avez-vous fait bonne chasse, avez-vous herboris avec succs ?
:-- Tranquillisez-vous, monsieur le professeur, il n'y a pas l de quoi se proccuper.
:J'appelai donc Conseil qui m'apporta une petite drague le gre,  peu prs semblable  celles qui servent  pcher les hutres.
: Et ces sauvages ? me demanda Conseil. N'en dplaise  monsieur, ils ne me semblent pas trs mchants !
: Eh ! qu'a donc monsieur ? demanda Conseil, trs surpris. Monsieur a-t-il t mordu ?
:-- Non, mon garon, et cependant, j'eusse volontiers pay d'un doigt ma dcouverte !
:-- Oui, Conseil, mais au lieu d'tre enroule de droite  gauche, cette olive tourne de gauche  droite !
:-- Ah ! le gueux ! s'cria Conseil, j'aurais mieux aim qu'il m'et cass l'paule ! 
:En ce moment, les pirogues s'approchrent plus prs du Nautilus, et une nue de flches s'abattit sur lui.
: Diable ! il grle ! dit Conseil, et peut-tre une grle empoisonne !
:-- Sans contredit, monsieur, puisque notre btiment respire  la manire des ctacs.
:L, je trouvai Conseil, qui dsirait connatre le rsultat de mon entrevue avec le capitaine.
:-- Que monsieur m'excuse, rpondit Conseil, mais l'ami Ned confectionne un pt de kangaroo qui sera une merveille ! 
:Dix de ses compagnons lui succdrent. Dix eurent le mme sort.
:-- Bien, rpondis-je, mais le Nautilus est un monde  part, et les secrets de ses savants n'arrivent pas jusqu' la terre.
:Le ciel orageux et couvert d'pais nuages ne donnait aux premires couches de l'Ocan qu'une insuffisante clart.
:-- Vous tes le matre, lui rpondis-je, en le regardant fixement. Mais puis-je vous adresser une question ?
:Sur ce mot, je n'avais pas  discuter, mais  obir, puisque toute rsistance et t impossible.
:Le capitaine Nemo me conduisit  l'arrire du Nautilus, et me fit entrer dans une cabine situe prs du poste des matelots.
:L, sur un lit, reposait un homme d'une quarantaine d'annes,  figure nergique, vrai type de l'Anglo-Saxon.
:Je regardai une dernire fois le bless, puis je rpondis :
:Le lendemain matin, je montai sur le pont. Le capitaine Nemo m'y avait prcd. Ds qu'il m'aperut. il vint  moi.
:La tombe fut alors recouverte des dbris arrachs au sol, qui formrent un lger renflement.
:Enfin, les feux du bord apparurent. Leur trane lumineuse nous guida jusqu'au Nautilus. A une heure, nous tions de retour.
: C'est l notre paisible cimetire,  quelques centaines de pieds au-dessous de la surface des flots !
