
choice=,,,,,,,,, 
:Lorsque le Chat eut ce qu'il avait demand, il se botta bravement, et, mettant son sac  son cou, il en prit les cordons avec ses deux pattes de devant, et s'en alla dans une garenne o il y avait grand nombre de lapins. Il mit du son et des laiterons dans son sac, et s'tendant comme s'il et t mort, attendit que quelque jeune lapin, peu instruit encore des ruses de ce monde, vnt se fourrer dans son sac pour manger ce qu'il y avait mis. A peine fut-il couch, qu'il eut contentement : un jeune tourdi de lapin entra dans son sac, et le matre Chat, tirant aussitt les cordons, le prit et le tua sans misricorde.
:Un jour, sa mre, ayant cuit et fait des galettes, lui dit : Va voir comme se porte ta mre-grand, car on m'a dit qu'elle tait malade. Porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. Le Petit Chaperon rouge partit aussitt pour aller chez sa mre-grand, qui demeurait dans un autre Village. En passant dans un bois elle rencontra compre le Loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n'osa,  cause de quelques Bcherons qui taient dans la Fort. Il lui demanda o elle allait ; la pauvre enfant, qui ne savait pas qu'il est dangereux de s'arrter  couter un Loup, lui dit : Je vais voir ma Mre-grand, et lui porter une galette, avec un petit pot de beurre, que ma Mre lui envoie. Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le Loup.
:Le loup ne fut pas longtemps  arriver  la maison de la Mre-grand ; il heurte : Toc, toc. Qui est l ? C'est votre fille le Petit Chaperon rouge (dit le Loup, en contrefaisant sa voix) qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma Mre vous envoie. La bonne Mre-grand, qui tait dans son lit  cause qu'elle se trouvait un peu mal, lui cria : Tire la chevillette, la bobinette cherra. Le Loup tira la chevillette et la porte s'ouvrit. Il se jeta sur la bonne femme, et la dvora en moins de rien ; car il y avait plus de trois jours qu'il n'avait mang. Ensuite il ferma la porte, et s'alla coucher dans le lit de la Mre-grand, en attendant le Petit Chaperon rouge, qui quelque temps aprs vint heurter  la porte. Toc, toc.
:"Voil, dit-il, les clefs des deux grands garde-meubles ; voil celles de la vaisselle d'or et d'argent, qui ne sert pas tous les jours ; voil celles de mes coffres-forts o est mon or et mon argent ; celles des cassettes o sont mes pierreries, et voil le passe-partout de tous les appartements. Pour cette petite clef-ci, c'est la clef du cabinet au bout de la grande galerie de l'appartement bas : ouvrez tout, allez partout ; mais, pour ce petit cabinet, je vous dfends d'y entrer, et je vous le dfends de telle sorte que s'il vous arrive de l'ouvrir, il n'y a rien que vous ne deviez attendre de ma colre."
:Les voil aussitt  parcourir les chambres, les cabinets, les garde-robes, toutes plus belles et plus riches les unes que les autres. Elles montrent ensuite aux garde-meubles, o elles ne pouvaient assez admirer le nombre et la beaut des tapisseries, des lits, des sofas, des cabinets, des guridons, des tables et des miroirs o l'on se voyait depuis les pieds jusqu' la tte, et dont les bordures, les unes de glace, les autres d'argent et de vermeil dor, taient les plus belles et les plus magnifiques qu'on et jamais vues. Elles ne cessaient d'exagrer et d'envier le bonheur de leur amie, qui cependant, ne se divertissait point  voir toutes ces richesses,  cause de l'impatience qu'elle avait d'aller ouvrir le cabinet de l'appartement bas.
:Elle pensa mourir de peur, et la clef du cabinet, qu'elle venait de retirer de la serrure, lui tomba de la main. Aprs avoir un peu repris ses sens, elle ramassa la clef, referma la porte, et monta  sa chambre pour se remettre un peu ; mais elle n'en pouvait venir  bout, tant elle tait mue. Ayant remarqu que la clef du cabinet tait tache de sang, elle l'essuya deux ou trois fois ; mais le sang ne s'en allait point : elle eut beau la laver, et mme la frotter avec du sablon et avec du grs, il demeura toujours du sang, car la clef tait fe, et il n'y avait pas moyen de la nettoyer tout  fait : quand on tait le sang d'un ct, il revenait de l'autre.
